...LE PLA GUILLEM.........................SYNO.........
Au coeur de l'action :

Il est des lieux ou l’on a toujours peur d’aller tant ils sont porteurs de symboles. Le Canigou est de ceux la ! Haut, loin, grand, austère, cette véritable montagne est un écrin luxueux pour les sportifs assoiffés de sensations fortes.

Les Trabucayres connaissent déjà bien les contreforts et différentes facettes de l’Olympe Catalan mais cette fois ils s’attaquent au dôme connu de tous : le Pla Guillem.

Pour éviter l’ascension goudronneuse du Col de Mantet, l’expédition comptera deux voitures. L’une sera laissée à Py pour l’arrivée et l’autre montera Pasta, Mp et Boubi au Col de Mantet.

Nous quittons Py et entamons la longue succession de lacets sur cette petite route de montagne. A chaque raidillon, où même la voiture peine, nous nous disons qu’à VTT ce doit être terrible…. Nous voilà dons au col de mantet et dés sortis de la voiture nous prenons une gifle : le paysage est somptueux. Sous le soleil matinal la Porteille de Mantet nous rappelle que le Canigou est véritablement de la haute montagne.

Un croissant englouti et nous voilà sur la belle piste quittant le col. Les jambes se réveillent, légèrement meurtries par la grosse sortie cerdane de la veille. Mais pour commencer la piste est très bonne et bien roulante. Celle-ci s’élève régulièrement et nous offre des panoramas indescriptibles sur la vallée de la Rotja et le Pic du Canigou. Plus loin, dans le creux d’un ravin, une cascade nous invite à la séance photo mise en scène avant que nous entamions une descente en douceur.

Au croisement de pistes, le refuge Da Silva marque le début de la seconde partie de grimpe. Nous savions que celle-ci serait assez longue mais nous ne nous doutions pas que la piste allait vite devenir un chemin chaotique de pierres et sable. La difficulté est bien là mais les paysages toujours plus saisissants les uns que les autres nous galvanisent les muscles. Les lacets s’enchaînent et l’estive approche. Le paysage devient alors plus lunaire et devant nous se dessinent les dernières rampes conduisant à la collade de las Roques Blancas. Un écart se creuse entre les trois trabucs mais l’absence d’arbre permet aux trois complices de se suivre des yeux…

Au prix d’un bel effort alliant physique et technique voici les dentelles blanches du col. Nous quittons un instant les bikes pour marcher vers le sud afin d’observer le Costabonne au loin et la vallée du Tech dans la brume. Hé là, récompense suprême, un groupe de bouquetins vient nous narguer un bref instant…. Qu’il est beau ce pays !

Allez ! « Quand yen a plus yen a encore !! » La piste plus roulante pour l’instant nous hisse vers notre but. La pente s’inverse et la piste redevient caillouteuse à souhait. Voilà maintenant la collade del vent et son belvédère saisissant. Il ne nous reste plus qu’un rampaillou hyper casse jambe pour arriver sur la terre promise : le Pla Guillem. Le dôme aride battu par les vents, la neige et le carcanet fait le dos rond pour impressionner les arêtes du Canigou mais nous régale les sens.

Ce sera le lieu de notre pique-nique. Les nuages arrivent d’Espagne quand nous remontons sur nos bécanes pour attaquer la mega avalanche catalane. La piste dévale et les vtt couinent sous les coups de boutoirs des cailloux en nombre. Nous dégringolons littéralement jusqu’à Marialles. La vallée du Cady, sûrement la plus belle vallée du Canigou, abrite notre café : le refuge gardé de Mariailles. Pour accéder à la terrasse avec vue sur le pic du Canigou nous empruntons la courte sente quittant la piste et filant droit sur le gîte.

Après la pause café, nous entamons la descente infernale. Pour cela nous quittons le gîte par l’unique chemin se dirigeant vers la piste principale et au bout de 50 mètres nous optons pour le tout nouveau GR (balisé rouge blanc) pénétrant dans la foret sur la droite (panonceau Col de Jou – Py). Ce tout nouveau tracé nous offre une première partie hyper rapide entre les arbres. Un peu plus loin, à notre grande joie, le tracé rejoint le canal d’irrigation, devient plus étroit et moins pentu. Le paysage de sous bois forestier est vraiment très beau ! A l’approche d’un ravin, le single abandonne le canal et se jette dans une pente ornée d’un escalier en rondin de bois. Le passage est péchu et seul Mp se lance après une seconde d’observation. Au passage de la première marche, sa fourche se tasse et l’arrière de son vtt se cabre au dessus de sa tête, son visage se referme, il sent le soleil arriver, mais le nin maîtrise la bête et dévale dans un fracas jusqu’en bas : "un coup de peur mais même pas mal" !!. Le sentier rejoint plus loin la piste qu’il faut descendre un court instant pour continuer la chevauchée par la seconde partie du GR sur la droite.

Une ligne droite assez large jusqu’au col du cheval mort et son côté mystérieux : ombre, croisée de petits sentiers et canal… puis la pente s’incline et le sol devient amas de cailloux et de sablette. Du freeride proche du skiride ! La chasse est donnée dans les épingles et la vitesse est au rendez vous. L’arrière du bike à Pasta danse la gigue car son pneu est lisse et derrière nous le MP s’offre un gâteau sympathique. C’est du feu jusqu’à la piste !

Encor ! encor ! Pas de problème, sur le bord droit de la piste le GR continue. Le troisième tronçon est celui de la vitesse lumière. Large au sol dur et lisse le sentier sera l’arène d’une course endiablée entre les 3 comparses…A fond sans freiner jusqu’au col de Jou.

Nous laissons refroidir les disques et les jantes avant de poursuivre la descente par le sentier GR menant à Py, face à nous. Il faut bien prendre de suite à droite pour pénétrer dans le sous bois par un bon run. Celui-ci enverra le pasta dans les choux avec en prime un léger choc sur le casque. Ce superbe sentier descend un long moment puis joue au yoyo pour enfin remonter jusqu’au superbe belvédère sur un éperon rocheux au contour de la combe.

A partir de ce point le sentier est beaucoup moins roulant, il monte, descend et les portages et poussettes sont nombreux. Fort heureusement le paysage est prenant et le sentier en balcon réserve quelques bons moments de pilotage comme le passage des pierriers ou celui d’un beau toboggan. L’effort soutenu de cette partie se termine au passage de la porte del Pytoufou, appellation donnée par mp au passage du sentier entre deux rochers juste après le fameux toboggan. Dés lors, le sentier redevient très roulant et la descente se termine par un run sinueux et rapide faisant oublier le portage précédent.

Revoilà Py, et la voiture ascenseur…

Un spot incontournable par ses paysages magnifiques, sa sensation d’aventure dépaysante, et par-dessus tout ses descentes inoubliables et hautement joussives.

Boubi