...LA TAE.............................SYNO.........
Au coeur de l'action :

Les Albères, appendice terminal de la chaîne des Pyrénées, nous attirent, nous passionnent. Chaque fois nous les contemplons de loin pour lire les parcours cachés et chaque fois que nous l’explorons ces derniers s’avèrent de qualité.

Alors autant le dire de suite. La Traversée des Albères Espagnole est un bijou, une grande classique au même titre que la TA ou la BTA………

Certains chantent face à la mer, nous, nous lui tournons le dos à Banyuls pour se lancer dans ce long périple. Mp et moi quittons l’altitude zéro pour commencer à monter tout doucement sur le goudron en direction de la Gendarmerie. Une fois celle-ci dépassée nous continuons toujours tout droit en direction du Sud et des Albères. Cette petite route bordée de cactus mène sur la gauche au Tombeau du sculpteur catalan Maillol et au musée. Le soleil du matin se lève sur nos têtes quand nous quittons l’asphalte pour la piste de schistes longeant le ruisseau de Taravaus. Dés lors, le paysage devient minéral, austère mais plaisant. La piste principale suit le cours d’eau et commence à grimper plus fort. Sur notre droite, deux barrages successifs sont là pour calmer les ardeurs de ce bassin versant important. Une courte descente, la piste franchit une dernière fois le rec pour prendre d’un coup de la hauteur. Paysage saisissant et sensation de hauteur augmentée par l’absence d’arbre, nous propulsent dans des perspectives de haute montagne !

Nous arrivons au col de la Martine et là, wouah !!!! Un panorama bluffant du col de Banuyls, à la tour Madeloc et la grande bleue.

La piste va maintenant lécher le massif en restant plus ou moins sur les courbes de niveau le temps de sortir ce cet immense cirque. Une fois passés de l’autre côté, nous traversons le ravin des mimosas (odorant malgré l’hiver), laissons une dernière piste sur la droite pour terminer la grimpe par la gauche et déboucher sur la route du Col de Banyuls. Un dernier rampaillou et nous voici arrivés au méconnu col. Avant de passer en Espagne nous embrassons du regard la mer d’un côté et les landes de l’autre.

Nous empruntons la route pour descendre au croisement du Mas Pils, où le goudron retrouve la terre. Ici nous trouvons la trace du GR11 que nous ne quitterons plus et qui nous guidera dans notre périple espagnol. Instant privilégié, cadeau de dame nature, nous assistons au tout premier pas d’un jeune veau qui vient tout juste de naître. Celui-ci titube encore sous le regard de sa mère qui porte encore les traces fraîches de la naissance. Après ce poignant moment, nous reprenons la piste sur la droite en direction de Cantallops. La piste quitte ce vallon idyllique en se transformant en ruban d’asphalte. Mp à tout à coup la sensation d’être au cœur de Jurassic Park, à tout moment nous nous attendons à voir surgir un T-rex mais il n’y a que mon T-rek qui rugit…………….

La route passe le mas Corbera sur la droite, le mas Girarols sur la gauche (panneau dolmens), puis plus loin arrive sur des ruines à droite et une piste estampillée de la fameuse marque du GR11 (attention cette marque est déjà dans le chemin, on ne voit pas vraiment de la route où part le GR, il faut uniquement pister les ruines et prendre la piste juste avant). Par curiosité, vous pouvez aller jeter un œil sur les ruines de la chapelle dels vilars, 50 mètres plus loin sur la route.

La piste franchit un ruisseau, passe devant un ancien moulin et son ponton, et monte légèrement. Nous laissons au petit croisement suivant un chemin sur la gauche pour suivre sur la droite le balisage. Nous arrivons ainsi sur un nouveau ruisseau prés duquel surgit la source de Cadecas (eau non contrôlée). De là, juste en face, le GR monte sur un petit sentier longeant le rec. Nous enchaînons petits portages et bons moments sur la selle, comptant les innombrables douilles de cartouches laissés par des chasseurs POLLUEURS….. Plus haut le single devient bien roulant, passe sur un muret et touche le ruisseau alors que je touche le sol suite à une chute d’amateur…. Le balisage traverse le ruisseau et remonte le talus en face pour sortir au hameau fermier dels Vilars.

Maintenant le GR emprunte une piste tirant plein nord. Nous laissons une option à gauche lorsque la pente augmente puis vire de plus belle sur la gauche. Les traces initiatiques rouges et blanches continuent à nous guider dans l’ascension.

Le temps change et nous avons droit à quelques gouttes de pluies. Je croise les doigts espérant ne pas avoir de gros grain avant d’avoir passer Requesens ! La piste passe devant l’entrée du sentier menant au dolmen de les Morelles sur la droite (aller retour rapide possible) puis arrive bien plus loin à la source de Verna, table et source sur le côté droit, cabane sur le côté gauche. Nous partons visiter le dolmen d’Arreganyats par le sentier sur la droite. Un petit run super sympa balisé de jaune descend très rapide dans les chênes pour arriver sur le dolmen en bord de ravin. Il faut remonter maintenant, çà passe sur la selle et c’est plaisant…

De retour sur la piste nous continuons en restant bien sur la piste principale (absence curieuse de balisage jusqu’au dolmen suivant !!! manque de peinture ??), en veillant à laisser les options à gauche, à droite. Nous passons devant le chemin à droite menant à la source del Roure pour grimper jusqu’au dolmen homonyme en bord de piste. A ce moment là le soleil revient. Nous nous trouvons juste sous les trois pics, véritable barrière pour arriver à Requesens. Et qui dit barrière dit grimpe difficile. En effet la piste s’énerve et il est temps de tout mettre à gauche pour attaquer les lacets. Un rapide coup d’œil sur le château de Requesens, au passage d’une épingle panoramique, et sans perdre la concentration nous maintenons l’effort jusqu’à un replat bien marqué sur l’est.

Là, le GR11 quitte la piste pour attaquer un single en montée. Mp reste sur la selle, posant pied à terre ci et là mais la pente à raison de mes ardeurs, c’est en poussant le spad que j’arrive à bout de cette courte poussette. Sur la crête del Mig, c’est l’extase ! Single plat fabuleux et paysage de montagne sensationnel. La Tramontane nous bouscule fort maintenant et elle éjectera même Mp lors du passage du col de la Llosarda.

Le sentier pénètre dans les bois et amorce la descente. On se lance dans le froid et c’est parti pour une session freeride sur cette descente très longue, technique et en tout point remarquable. Rien à jeter, rien à dire, du 100% free. Blindés et avec la grosse banane nous débouchons sur un dernier ruisseau puis le sentier redevient piste au passage des ruines de Mirapols.

Après ce moment de furie il est bon de revenir au calme sur la belle piste de sable granitique. Une promenade en faux plat montant que nous avalons goulûment. Nous visitons le refuge del forn et son puit à glace et continuons à suivre le balisage. Celui-ci arrive au cœur d’un petit groupe de grands sapins, suit un mur de pierre et emprunte la piste descendant sur la droite (attention aux balises !). La piste principale passe devant l’entrée d’un sentier menant à un autre puit à glace puis arrive à une barrière et un nouveau puit à glace. L’édifice est remarquable et sa structure de génie interroge, vraiment fort nos ancêtres !!

Il est 15h, le temps est resté au beau et il faut quand même qu’on se décide à manger un morceau après 6h d’effort dans le froid………

Après s’être rassasiés, nous quittons le puit à glace, passons la barrière et suivons le balisage qui continue à monter tranquillement en face. Nous laissons de suite une option droite pour tracer droit devant. La piste passe devant un pont de bois en contrebas sur le ravin et remonte celui-ci pour le franchir en fond de vallon. Et, comme sorti d’un film médiéval, se dresse devant nous un mini château à la tour à créneau intacte. Sûrement une ancienne porte pour contrôler le passage vers le château de Requesens. Plus haut nous arrivons au hameau de Requesens. La piste continue son ascension et le balisage laisse la piste sur la droite un peu plus loin. La pente augmente et au détour d’un virage nous offre un point de vue de choix sur le château, le périple accompli, le col de Llosarda et au loin la baie de Rosas.

Allez ! Vous en voulez encore ? La pente augmente encore puis s’emballe d’un coup. C’est dur dur mais c’est vraiment beau, nous avons retrouvé un paysage de hauteur et une piste accrochée à la paroi. Après un rampaillou nous arrivons au monument dédié à un crash d’avion. Une photo insolite et nous voilà repartis pour avaler la dernière rampe bien raide.

Ouf ! Nous voici au col. La vue porte cette fois sur la France… Attention ! Le GR11 vire à 90° à gauche empruntant un sentier entre les rochers. Ne pas aller plus loin que le col, ne pas prendre les vagues sentiers face à vous mais uniquement celui sur la gauche plein sud qui franchit un gros rocher (balise pas évidente à repérer !).

L’effort n’est pas terminé. Le sentier enchaîne moment de poussette, instant sur la selle plat ou en descente et coup de cul casse pattes. Le balisage se complète de beau cairn pour nous guider jusqu’au point haut du Puig dels Falguers.

Place au bouquet final ! Et quel bouquet ! Une explosion en technicolor. Le sentier s’inverse et plonge sur l’ouest. C’est de l’ATOMISATION en règle avec des runs rapides mais surtout des goulets de granit gavés de marches de 30 à 60 cm…Mp et moi avalons tout d’un seul trait jusqu’à plus soif. C’est tellement chaud que les oreilles nous brûlent et nous passons du froid à une sensation de fièvre. Les bras encaissent, les fourches ont mal à la tête et les freins hurlent à l’agonie. Et pour couronner le tout, le run inouï se termine par un bout très rapide et très roulant histoire de nous pousser à l’overdose.

Santa Lucia soyez bénis toi et ta descente !

Juste après Santa Lucia (attention !) le balisage suit le premier chemin sur la droite et les traces vont nous descendre bien plus sagement jusqu’au cœur de la Junquera.

On doit avouer qu’en partant ce matin on ne s’attendait pas à une telle aventure, à un tel parcours de qualité, à ce must de freeride à la sauce médiévale... Tout simplement à cette classique en somme !

Boubi