...ELLE SERA BONNE...........................SYNO.........
Au coeur de l'action :

Il est 14 heures à Saint Michel de Llotes et les trabucs Pipiu, Ventouline, Boubi et Pasta se voient rejoints par les drilles de Millas au nombre de cinq pour une belle partie de plaisir en perspective. Un petit échauffement à base de D16 et nous voilà au cimetière à la sortie du village de Bouleternère. Mitoyenne, la piste s’élève d’abord fortement puis rapidement prend un profil plus mesuré qui permet d’atteindre plus loin, sans trop de difficulté, l’intersection de la citerne. Le groupe s’étire en longueur, chacun gérant sa montée à sa guise, Alain, Johnny, Boubi et Pasta devant ; Gérard fermant la marche.

Laissant la piste sur notre droite nous continuons notre chemin en direction de Serrabona. Plus loin, nous passons Can Bassol, enchaînons deux lacets pour arriver à l’intersection du sentier qui vient du Bac del Castell, peu avant les ruines d’un vieux mas. En face le sentier d’éboulis pourrait échapper à l’œil du vététiste profane……..mais pas à celui du trabuc toujours à l’affût du single de folie qui va faire monter l’adrénaline jusqu’à l’overdose des neurones……..et dans l’échelle de Richter du single qui déchire, il faut calibrer les sismographes……… parce que ce single vaut le détour. Le passage des éboulis, demande de l’adresse dans le pilotage, se passe sur le vélo pour certains et à côté pour d’autres !!!!!!! Au bout d’une trentaine de mètres, il rejoint le départ du sentier. Plat et agrémenté de petits franchissements techniques, il serpente (rester sur la sente principale à l'unique croisement) agréablement à flanc de la chêneraie du Maire (la rourèda del Battle). Un peu plus loin, les choses sérieuses commencent ……. La pente s’incline, les lacets et les épingles s’enchaînent à fond les manettes, toujours à la limite……… une méchante épingle voit d’ailleurs Gérard chuter lourdement sans conséquences fâcheuses. Les runs se suivent, faisant rugir de plaisir les montures déchainées. Plus bas, avant de rejoindre les ruines du can Touron, un goulet et une belle marche font l’objet d’un contest ou chacun peut s’exprimer. Les trabucs sont en tête alors que le gang millassois, à l’exception d’Alain parti devant en solitaire, peine à terminer la descente de ce single avec quelques chutes à la clef, sans gravité ; les mains crampées par l’action continue sur les leviers de frein et un peu étourdis par la succession des chocs.

Voilà maintenant tout le groupe sur la D618, en route vers la maison cantonnière au pied de l’ascension de Serrabona ; nous la laissons pour continuer en direction de Casefabre, passant par le hameau de Minestrol. Nous prenons alors sur la droite en direction de la Matte pendant quelques centaines de mètres, prenant alors le lacet à gauche à la première intersection. La piste est belle, rude par son inclinaison. Peu après avoir pris la fourche de gauche à l’intersection suivante, un groupe composé de Boubi, Mickael, Johnny et Pasta se détache pour arriver au village de Casefabre. L’ensemble des bikers se reforme au fil des arrivées, puis tout le monde enfourche à nouveaux les destriers, empruntant la D72, pour un ultime effort pour atteindre l’oratoire de Sainte Marguerite.

Quelque barres de céréales plus tard, la piste de gauche relayée vingt mètres plus haut par un sentier sur la droite nous offrent une belle montée en single rude mais belle au milieu des chênes. Le groupe s’étire mais tout le monde se retrouve sur la crête, profitant d’un superbe panorama sur la plaine du roussillon. Notre regard se porte naturellement sur la chapelle Saint Martin perchée fièrement sur la serra qui porte son nom alors que se cache sur sa droite plus à l’est le Roc de Majorque.

A peine le temps de s’imprégner de ces belles images qu’il est temps de baisser les selles et de prendre la pente et les premières marches alors que rapidement nous devons négocier les lacets et les difficultés techniques. Tout doucement l’adrénaline monte…….. le sentier nous propose alors la descente d’un rocher très incliné …. L’affaire est chaude juste de quoi augmenter violemment le taux de l’hormone……. Au final l’obstacle est franchi sans encombre par l’ensemble des trabucs et millassois devant un groupe de bikers arrêté devant la difficulté. Le col de la Llosa franchi, le single de droite est plus rapide, le rythme devient intense, les bikes volent sur la roche éjectant la caillasse. Plus loin, un court replat permet au groupe de se reformer avant que n’arrive……….l’enfer, sous la forme d’un goulet très pentu, raviné, parsemé de marches et autres embûches techniques à franchir. Un passage pour les gros cœurs en vérité mais quel plaisir, cette sensation d’avaler le terrain sans faillir ; les amortos aidant, de voler au dessus des obstacles dans un sentiment d’invulnérabilité………. Bref, du pur concentré d’adrénaline, réservé aux bikers dotés d’un beau bagage technique, ayant digéré les deux longues montées, et surtout avec un mental du jour au zénith. Un dernier petit conseil : il faut prévoir des départs échelonnés des bikers…….le rythme doit être soutenu et un arrêt pour cause d’embouteillage peut alors être fatal pour l’enchaînement des difficultés. Nous voilà sur la piste ; le bilan n’est pas vierge au moment de compter les abattis. Gérard a chuté à nouveau avec un sérieux impact sur l’épaule alors que Ventouline, voulant éviter une collision intervététesque, a entendu un sinistre craquement intercostal au contact de son cintre (on le saura plus tard : côte flottante félée avec arrêt thérapeutique de quinze jours……..).

Néanmoins, tout le monde repart sur la piste en direction de Saint Michel de Llotes puis à la première intersection laissant à droite l’embranchement qui mène directement au village pour prendre à gauche et rouler encore quelques centaines de mètres pour laisser définitivement la piste pour un mauvais chemin sur la droite. Très vite, il prend de la pente et son profil en devers conjugué à son revêtement de pierraille le rende fourbe, prêt à jeter au sol le vététiste lunaire, d’autant plus que nous attend en bout de course un méchant lacet à négocier debout sur les freins. Un dernier run sur une partie plus clémente et voilà déjà un champs de pêchers, nous accueillant, les arbres déployant le rose de leurs fleurs printanières. Quelques hectomètres plus avant, nous voilà dans le village que nous traversons, prenant le pont enjambant le Gimeneil, puis après quelques tours de roues, laissant la D2 pour la piste à gauche dans le premier virage.

C’est reparti pour une dernière montée alors que la fatigue se fait sentir. Déjà le groupe s‘allonge si bien que nous perdons Ventouline et Gérard à la première bifurcation. Alors que les premiers prennent la fourche de droite, ces derniers s’engagent à gauche. On ne les reverra plus…….après une longue attente un peu plus haut, pipiu et michael continuent leur chemin. Finalement les autres millassois redescendent jusqu’aux voitures alors que Boubi et Pasta poursuivent leur parcours. La montée se poursuit sur le bitume. La terre remplace rapidement le goudron et après un dernier effort, la citerne (alt 448) est atteinte.

Derrière la citerne, le single s’infiltre dans le sous-bois, d’abord plat puis emprunte une rampe à gauche difficile à franchir sur le vélo après la débauche d’énergie fournie jusque là. Il s’incline enfin au milieu du maquis offrant un kata de deux marches, la deuxième étant fatale à l’ami Boubi, victime de l’accelération newtoniène, que ses disques déjà chauffés à blanc ne peuvent alors freiner. Il n’a qu’une solution : le lâcher intempestif de cintre qui permet à son bike de le dépasser sans état d’âme. La reception est parfaite. Le canari (le boubi spad) s’arrête quelques mètres plus bas pas peu fier du vilain tour joué à son maitre. Pasta, magnanime, assure à la perfection son enchainement…….à pied. Après cet épisode burlesque, c’est avec gourmandise que nous avalons ensuite une belle brochette de passages techniques en sous bois à la terre moelleuse mélée d’humus, traitre à souhait, se dérobant sous les roues, invitant à une agréable partie de glisse…….un petit morceau de choix qui nous amène sur un chemin grâce à une belle marche, perfide, qui gratifie notre Boubi, surpris, d’un soleil, magnifique en cette fin de journée, heureusement sans gravité.

A quelques mètres sur la droite, nous rejoignons la piste de Corbère. Elle grimpe sur deux kilomètres environ, passant sous la chapelle Saint Maurice. La nuit tombe déjà et nous décidons d’écourter la fin de la sortie. au lieu de monter jusqu’à la chapelle pour prendre le single à son pied, nous récupérons le single dans son second tronçon qui part sur la gauche au bord de la piste. Voilà la cerise sur le gâteau……. Un pur bonheur de sente arborée, joyeuse et joueuse, longue à souhait pour prolonger le plaisir dans la lueur crépusculaire du jour finissant. Elle consent à nous accompagner jusqu’aux vergers luxuriant du mas Montos. La nuit finit de tomber et nous amputons la buccolique fin de sortie à travers champs en suivant la D16 jusqu’à Saint Michel. Nos compagnons millassois nous attendent là au terme d’une sortie qui restera gravée dans les esprits, et dans les cœurs…… les gros cœurs.

Pasta