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Un soir de juin, il est 18h30, il a plu sur le département toute la journée, le seul endroit maintenant dégagé est le centre des Albères. Si c'est pas un signe du dieu Neulos ! Mp et moi (Boubi) enfourchons nos montures pour déguster cette infusion sous un soleil régénérateur, avec en point de mire le toit des Albères et son antenne. La route quitte Laroque des Albères, cap au sud, avec une bonne pente. Plus loin, le ruban d'asphalte rencontre le sable brun de la piste. C'est parti pour une longue et rude ascension sur une voie bien roulante et très bien entretenue depuis la fermeture de la seconde piste (plus à l'ouest). Pour commencer, un fort pourcentage ! Nous laissons une piste sur la gauche, puis la pente devient plus calme, ce qui nous permet de tailler le bout de gras jusqu'à l'embranchement avec la piste de Sorede que nous laissons pour continuer à grimper sur la droite. Maintenant, la piste reprend du pourcentage la coquine !!! Mp part devant et je le garde en point de mire jusqu'au replat. Là, nous est offert un superbe panorama sur l'immense ravin (Nous apercevons de l'autre côté l'ancienne piste sur laquelle nous avons usé nos pneus et nos dents plusieurs fois !!!) Dés lors, la piste longe une courbe de niveau avec un léger fpc (faux plat catalan) sous le regard plus proche du neulos qui vient de mettre une écharpe de nuage.... Après une belle progression sous les premiers châtaignés nous arrivons au refuge du casot del guard, gardien de la rampe de l'ouillat. Une lila pause et c'est reparti pour un gros morceau. Certes la piste est bonne, certes il ne fait jamais chaud à l'ombre des majestueux arbres mais la pente est raide et constante ne laissant que quelques très courts moments de repos aux mollets.... Nous prenons de l'altitude et comprenons vite que les Albères sont une montagne à part entière. Le brouillard se forme et la visibilité passe de l'infini à 10 mètres !!! Par moment, Mp, part et s'enfonce dans le manteau nuageux de sorte que je me retrouve seul dans cette immensité sans bruit... Lorsque nous arrivons au croisement avec la piste du pic St Christophe la visibilité est redevenue normale et face à nous le pic neulos est sous le soleil. Notre seul souhait alors : pourvu qu'il reste dégagé !! Une belle portion nous amène au col de l'ouillat. Là nous récupérons la route qui va nous conduire au pic...et nous récupérons aussi le brouillard et son isolement caractéristique. Nous gravissons l'asphalte côte à côte sans rien voir, passons devant le départ du sentier ramenant au col et entamons la portion la plus raide de la rampe menant à l'antenne. Le brouillard devient plus épais et nous ressentons ce que doivent ressentir les coureurs du tour en haut d'un col sous le brouillard. C'est démentiel. Et comme par magie, pour répondre à notre souhait, 100 mètres avant le pic, nous sortons, tel des aventuriers du bout du monde, du coton pour passer au grand jour... c'est magique ! Il est 21h00, nos mollets viennent d'avaler 17 kms de grimpe et 1145 m de cumulé !!! Nous laissons nos bikes au pied du pic pour le gravir à pied et contempler sous nos yeux une mer de nuage, là on touche au cosmique, au contemplatif...Coté espagnol c'est le même topo, une mer de nuage qui vient lécher les massifs et laisse se dégager des fumeroles enchanteresses. Ah ! si les autres trabucs étaient là pour assister à ce spectacle... La nuit pointe sont nez, il est temps de se lancer dans la descente qui s'annonce phénoménale. Nous montons les vtt au pied de l'antenne, et dévalons les talus herbeux en suivant la clôture matérialisant la frontière. C'est du freeride pur au son des cloches des vaches espagnoles ! En restant bien sur le talus nous regagnons le départ du sentier de l'ouillat au pied du roc des trois termes. Là, nous nous enfonçons sur ce superbe single forestier plongé dans la pénombre et par moment dans la nuit...C'est cette absence de luminosité qui me pousse à la faute et me gratifie d'un superbe soleil à l'impact assez fort selon mes amortisseurs naturels.... C'est tambour battant que nous regagnons le col de l'ouillat. Nous sommes excités au maximum et nous nous jetons littéralement dans le single partant au pied de la source, dans le brouillard et la pénombre. La nuit se met doucement en place avec tous les effets qu'elle a sur le pilotage. La descente depuis le pic est longue et technique, avec le manque de visibilité nous sommes tellement concentrés sur notre pilotage que nous avons l'impression d'être drogués, en transe, nous avalons le sentier uniquement avec les sensations transmises par la roue avant, toujours proche du point de rupture. C'est génial ! Nous croisons une nouvelle petite piste et poursuivons en face sur le sentier toujours balisé de jaune. Mp me joue alors un tour de cochon, il part bien devant se cache dans un coin vraiment sombre et m'attend. Dans ce tronçon je cherche vraiment où placer ma roue et tout à coup mp lance un cri de cochon qui me stoppe net....mort de rire... Nous repartons de plus belle jusqu'à la grande piste et fonçons dans le troisième tronçon, d'abord très sombre puis sur le bord du ravin encore éclairé. Heureusement car certains passages sont costauds... Et revoilà la piste dans un tournant. Le sentier part encore une fois en face, suit le lit d'un torrent avec cailloux et racines puis zigzague. Nous allons vite et enchaînons les épingles...C'est du caviar... A la fin de cette portion, au lieu de regagner la piste il faut prendre à gauche pour enchaîner sur un dernier tronçon, celui-ci est court mais technique. Et nous voici sur l'ancienne piste qui aujourd'hui prend des allures de sentier sauvage. En la remontant sur la droite on retombe au refuge del guard. Il est temps d'avaler la piste, superbe en descente. En contrebas la plaine a revêtu son habit de lumière et derrière le Canigou le soleil a fait place à la lune. Encore de la vitesse malgré la nuit et nous voilà de retour à Laroque. Il est 22h... C'est terrible ! L'ascension est superbe et la descente un must. Que ce soit de jour comme de nuit, sous le soleil ou dans le brouillard, ce spot ne peut décevoir... Vous reprendrez bien une infusion ? Encor Encor
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