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Après un réveil très matinal, et alors que Serdinya s’éveille, baignée par la lueur douce de l’aube, nous enfourchons nos vélos à 6 h 30 tout juste. Boubi, Ventouline et Pasta ont répondu présent pour cette sortie qui s’annonce porteuse de records. Tout d’abord direction Serdinya du Bac en passant le pont sur la Têt puis au-delà la petite route qui mène tranquillement à Joncet. Au croisement de la Nationale 116, nous trouvons en face le départ du balisage rouge et blanc. Il s’agit d’abord d’une petite route goudronnée fortement pentue qui délaisse plus loin le macadam pour une couverture de terre plutôt roulante si ce n’était la forte pente qui nous oblige à mettre à gauche toute, le temps de chauffer les mécaniques. La journée s’annonce superbe et la montée longue et difficile procure de superbes vues sur le haut Conflent au fur et à mesure de l’ascension. La température encore fraîche en ce début de matinée, permet d’avaler cette belle piste sans trop taper dans la gamelle…… laissant plus loin la piste qui mène à l’ancien village de Flassa, nous continuons notre progression jusqu’au point Alt. 1251, l’occasion de faire une pause récupératrice et de repérer dans le virage l’entrée du sentier par lequel nous devrons revenir un peu plus tard dans la journée. C’est reparti, et moins d’un kilomètre plus loin c’est déjà l’émerveillement à la vue du Pla de Farré avec de l’autre côté de la vallée, le pic des Tres Estelles et autre Roc des trépassats…… déjà une récompense somptueuse pour un réveil matinal. Encore un coup de cravache et nous voilà au col Alt. 1475 non loin de l’embranchement de la piste menant au refuge de Roquefumade. Déjà 10 kilomètres d’ascension depuis Joncet et plus de 900 mètres de dénivelé sans un faux plat……. Un joli vol de papillon….. qui n’est pas encore fini. Laissant à droite la piste de Roquefumade, la piste principale continue à grimper avec un fort pourcentage. Environ 1,5 kilomètre plus loin, nous la laissons pour tirer tout droit jusqu’à l’ancien poste du Génie, joli belvédère sur la vallée. N’hésitez pas à pousser plus avant encore pour découvrir la belle carrière de Terre Rouge, vestige de l’exploitation du Marbre dans le massif du Coronat ; marbre que l’on peut voir partout dans le Conflent pour peu que l’on prenne la peine de regarder autour de soi, notamment dans la belle ville de Villefranche fortifiée par Vauban sous le règne de Louis XIV. Revenant au croisement précédent, nous reprenons la piste qui s’enfonce dans une belle forêt de pins majestueux ; elle s’élève encore jusqu’au roc rouge de la Serra Pelada identifiable à la citerne à demi enterrée qui s’y trouve. Le temps de faire le point, et de changer les premières chambres crevées et la sortie, jusque là faite de panoramas sans limite, nous emmène dans une promenade au pays des fées et des gnomes des contes de notre enfance avec ce qu’il faut de pins altiers et denses, cachant le ciel bleu, offrant la nécessaire intimité pour la divagation des esprits….. de longues minutes de sérénité pour arriver à la Collada Alt. 1755, point culminant de la journée. Laissant nos vélos au panneau de la réserve, nous grimpons sur la Collada……Là encore, le point de vue est magnifique sur les montagnes autour de Nohèdes et d’Urbanya. Après avoir grimpé sans ménager nos efforts, il est temps maintenant de profiter de l’apesanteur pour nous engager dans la pente en direction de Jujols. La piste (nouvelle et absente des cartes ign mais pas de la notre !!) est rapide et très pentue ; les V-Brakes et Disques sont fortement sollicités de même que la gomme des pneus distillant un effet slick agitant la roue arrière dans tous les sens….. que de la glisse. Après un dernier virage au cordeau, la pente s'adoucit vraiment, nous arrivons au croisement avec à droite la piste qui mène au col Diagre et à droite le chemin marqué Jujols qui doit nous ramener sur nos pas du début de matinée. Pour satisfaire notre curiosité nous roulons vers le col Diagre sur 300 mètres environ en passant devant une source sur le bord droit de la piste, juste pour admirer une fois encore un superbe panorama sur le haut Conflent et au loin le col Diagre. Revenant sur nos traces, nous suivons le chemin en direction de Jujols qui peu après nous invite à plonger à droite dans un sentier (Il convient de ne pas continuer sur la piste de plus en plus étroite qui mène alors au col Alt. 1475 proche de Roquefumade). Le sentier, rapide est ludique à souhait avec une invite à placer avec minutie sa roue avant, pour éviter de faire partie du décor….. juste le temps de freiner à mort pour prendre le premier sentier qui part sur la gauche (laissant tout droit le sentier de Jujols, panonceau, sans doute généreux en adrénaline…… à découvrir en tout cas). Un single de premier choix qui nous permet de multiplier les runs à l’ombre des arbres. Laissant à gauche une branche qui part plus haut, une partie plus technique au milieu (laisser le single partant sur la droite et menant au Roc de la Coste) varie les plaisirs pour finir par une partie en sous bois pour rejoindre la piste du matin dans un virage au point Alt. 1251. Alors que la chaleur devient intense, c’est reparti pour 200 mètres de dénivelé supplémentaire avec nouveau passage au Pla del Farré, pour arriver au refuge de Roquefumade à l’ombre des feuillus. Un sympathique randonneur nous fait la conversation quelques minutes, le temps d’effectuer un ravitaillement en eau à la source qui coule doucement à côté du refuge. Suivant le sentier en direction de Villefranche, nous bifurquons sur la droite au bout de 100 mètres pour prendre le sentier des Horts, (si vous passez devant un muret de pierre et que plus loin vous sortez de la foret c'est que vous avez loupé le départ du sentier, il faut revenir en arrière et prendre le sentier donc maintenat à gauche !!!) véritable objectif de cette journée. Au programme quelques 900 mètres de dénivelé par un single continu (il faudra rester sur le sentier principal en prenant toujours les options gauche et en lisant bien le relief)…… de quoi affoler les destriers et faire monter l’adrénaline. De quoi assommer Ventouline, un peu dans le coletard après tous les efforts consentis. Il commence par une progression rectiligne à flanc assez vive puis par des enchaînements de virages en épingle, le franchissement d’un ruisseau en sous bois pour enfin sortir et plonger vers Les Horts en contournant le roc Saint Marc descendant les terrasses les unes après les autres jusqu’à un passage plus pointu que les autres sur lequel…….. badaboum……éjection sur un maquis quelque peu……. épineux avec un Boubi hilare courant avec son appareil photo pour fixer le moment. Au final, pas de bobo à part quelques épines plantées ici ou là. Mais le problème épineux n’épargne pas nos pneus. Le sentier est très peu fréquenté et la végétation basse sur cette partie met à mal les vélos et les hommes en particulier Ventouline victime d’un facétieux épineux traversant le sentier……. Résultat, de multiples crevaisons. Nous découvrons Les Horts qui se présentent en terrasses aménagées par l’homme en d’autres temps ou l’on devine la production de fruits et de légumes sur ce versant orienté plein sud et où l’eau est abondante. Pratiquement déserté aujourd’hui, il distille ce parfum particulier d’un lieu hors du temps. Plus question de perdre de temps car nos chambres s’aplatissent de plus en plus vite ; et nous décidons de ne plus les changer compte tenu du risque de crevaison qui reste trop important. Les jantes font la grimace sur le joli sentier balisé très rocailleux qui nous amène aux Marignans puis jusqu’au mas de La Guardia ou nous devons nous résoudre à finir à pied, le vélo à la main, les 500 derniers mètres qui nous séparent de Serdinya ; le temps de voir ce village avec un autre point de vue que celui de la Nationale 116. Il est 14 h 30 quand nous atteignons notre véhicule en face de l’alimentation du village. La première fois que nous finissons à pied une sortie…… mais quelle sortie, altimètre à 1665 mètres cumulés et des paysages somptueux ; du ride de montagne, du vrai : à faire absolument……. équipés de deux bandes anti-crevaison par pneumatique et d’un stock conséquent de chambres de rechange. PASTA |