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Il est 8h du matin, un samedi d'automne, la cité médiévale de Villefranche se réveille doucement. Nous laissons les voitures sur le parking de la porte Ouest et nous partons explorer la vallée des pommes. Nous prenons pour commencer la vallée de la Rotja par la route menant à Sahorre et plus loin à Py et Mantet. Un bien bel échauffement pour Mp, Pasta et Boubi, dans cette vallée ouverte et parée de ses atours automnaux. Sous le regard du Canigou à la tête blanche nous arrivons à Feuilla du bas puis à Feuilla du milieu. Juste au pied de l'église, une route part sur la droite. Celle ci sillonne entre les arbres et se redresse pour arriver sur un replat surplombant le hameau et ses pommiers. Plus loin, sur la gauche, se dresse tel un I une rampe de lancement pour nous propulser sur la crête. Au début, l'équipée grimpe à la vitesse d'un marcheur tant la pente est importante. Puis, comme d'habitude, le Pasta et le Boubi posent humainement genoux à terre tandis que E.T. dandine du train arrière en s'enfuyant vers le sommet. L'originale forêt de pins est alors transpercée par une grande piste en sable du sud au nord. Nous la remontons vers la gauche en direction du col de Fins. C'est hyper roulant et on se laisse prendre au jeu en appuyant jusqu'au sommet. Voici le col de Fins et son point de vue sur le Canigou, ses tables de pique nique et ses chaises originales. Si Mp avait eu sa tronçonneuse et si on ne l'avait pas retenu, il aurait bien piquer une ou deux chaises ! Lorsqu'on se met face aux tables, dos à la route, sur la gauche des installations part un sentier en sous bois (balisage orange). C'est le début d'un run fabuleux, zig zag entre les troncs, dérapages contrôlés sur le sol recouvert d'aiguilles. Le tracé permet d'atteindre des bonnes vitesses, garantissant sensations et frottements d'épaules. Au jeu du chat et de la souris, Pasta sera le plus fort et ne nous permettra pas de le passer jusqu'à la piste suivante. Nous l'empruntons sur la droite, celle ci reste sur la crête et se termine plus loin en cul de sac au niveau d'un vestige minier : un quai de chargement. Mais bien avant, au niveau d'un élargissement de la piste, un single balisé lui aussi en orange part sur la droite. A l'entrée, un cairn et un arbre porte un panonceau annonçant la couleur : "sentier équestre difficile" !! Tout un programme ! Le sentier trace d'abord droit sous les arbres et offre des parties d'accélération sensationnelles. Il faudra un peu d'attention malgré la vitesse pour ne pas louper l'embranchement suivant. En effet, juste avant une borne en pierre estampillée 82, le single plonge sur la droite en épingle. (Dans le pire des cas, si les branches que nous avons volontairement placées pour matérialiser le changement de direction ont disparu, si vous passez devant la borne 82 sans la voir, vous tomberez sur un vestige minier : les restes d'un ponton sur une rampe; stop, demi tour, et devant vous la borne et le single.) Alors là, celui qui n'aime pas les épingles va râler. Ce superbe single dévale la montagne en une succession d'épingles et de portions droites le long de murs de pierres en parfait état. Nous sommes surpris par l'état de la sente et des vestiges du passé : parfait. Au rythme des enchaînements nous descendons vers la vallée de la têt mais aussi dans le passé. Non pas sur des mulets mais plutôt des vtt ! quoique !?! Boubi arrive le premier au bas du bijoux, passe le ponton glissant au dessus du canal, se retourne et voit Mp partir de la roue avant et se fracasser juste avant le pont, vélo et pilote projetés dans le canal heureusement à sec ! Pasta arrive, surprenant le Mp plié dans le canal et le Boubi plié en deux .........de rire ! Face à nous, dans le ravin, juste devant la borne en pierre 85, un sentier couvert de feuille et peu marqué coupe droit. Glissades de roues arrière garanties jusqu'à la route au bord de la rivière. Après cette longue descente endiablée, nous glissons tranquillement le long de la Têt par la route à droite. Au niveau du pont romain mettant la têt au pied, nous continuons tout droit par le chemin passant plus loin sous la voie ferrée et débouchant sur le bord d'un canal. Le chemin déroule un moment entre voie de train et voie d'eau puis se transforme en tout petit sentier, vraiment tout petit le long du canal. Nous évoluons le long du canal recouvert de treillis soudé, tantôt sur une bonne sente de 20 cm de large; tantôt sur le fil de rasoir des berges en béton; tantôt sur la selle; tantôt à pied, protégés du ravin par des arbres ou suspendus au vide par les pneus... C'est un peu dangereux, certains trouveront cela un peu long mais c'est très beau, original, çà offre un point de vue remarquable et garantit des sensations fortes. Le canal et son sentier débouchent sur un champs, les rassasiés traverseront le champs pour récupérer le chemin le long de la voie ferrée et la route plus loin et les aventuriers continuerons à suivre le canal. Le sentier est encore long mais beaucoup plus roulant, offrant un large aperçu du travail des hommes pour domestiquer l'eau et la transporter. Le périple se termine en cul de sac, au niveau d'un impressionnant siphon destiné à propulser l'eau de l'autre côté de la vallée. Là, portage obligatoire dans les kékés le long du siphon afin de descendre le talus tout droit et de récupérer l'aqueduc enjambant le cours d'eau et débouchant sur la route de Sahorre. Pour la seconde partie nous remontons la route de tout à l'heure mais cette fois jusqu'à Feuilla du haut. Après le panneau d'entrée du village nous prenons la seconde rue à gauche. La montée commence ! La tribu s'élève sûrement sous une pluie de feuilles virevoltantes. La route passe devant l'entrée d'un mas et devient un chemin très raide. Premier palier : devant nous se dresse un tunnel fermé, celui ci traverse la montagne pour passer de la vallée de Sahore à celle de Vernet les Bains. Mais point de raccourci pour nous, il nous faut poursuivre la grimpe sur la gauche et pédaler sec jusqu'au sommet et sa dorsale. La piste de gravette blanche traversant l'échine du sud au nord est longée par un sentier balisé. Nous prenons plein nord. Boubi et Mp optent pour le sentier ludique en yoyo et Pasta préfère assurer la suite sur la piste. Nous ferrons ensemble le dernier tronçon de single débouchant une nouvelle fois sur la piste au carrefour du dolmen. Encore un coin magnifique ! Face à nous, droit devant part à la fois la piste qui contourne le mamelon et le sentier qui poursuit sa droiture en une rampe d'escalade. Pour Pasta et Boubi ce sera piste et pour mp ce sera single jusqu'en haut. Les points de vues sur les vallées au pied du Canigou sont vraiment extraordinaires, sûrement un des plus beaux panoramas de la région. La piste nous amène au pied de la citerne Vauban, après avoir pris une dernière fois à gauche. Baissage de selle et single balisé en jaune partant vers l'est. Première à gauche en épingle et c'est parti pour un autre grand moment. Une ligne droite ou deux en sous bois puis passage d'une barre rocheuse en deux ou trois épingles très difficiles. Faut pas se louper sinon c'est en bas ! Seul Mp tentera avec plus ou moins de réussite ces obstacles. Après ce passage c'est du caviar, du grand cru. Le tracé en épingle pour passer des à pics doit être une spécialité locale. On s'éclate à enchainer cette succession d'épingles, cette pente en sous bois avec ses accélérations, ses changements de trajectoire. C'est du tout bon jusqu'à la route. Atterrissage : le retour au monde réel est bien dur. Revoilà le parking ! Mangez des pommes ! Boubi |