


Pour un rider il y a des noms qui résonnent sans cesse sous le casque tant que l'on ne les a pas arpenté. Des noms comme le Ventoux, le Mont aigual, le Pic de Norre ou le Caroux. Et justement le Caroux nous attire depuis un moment. Il était temps de tirer de ces terres heraultaise un premier spot digne de ce nom.
Nous voici donc Mp et moi à Lamalou les Bains, station thermale au pied du massif de l'Espinouse. Cette petite ville aux allures de belle époque sera notre point de départ, et plus exactement le petit parking derrière la grande fontaine juste a l'entrée de la station.
Nous prenons la direction de la sortie du village pour prendre de suite la première rue qui monte sur la droite en direction de la voie ferrée et de son ancienne gare. Il faut repérer un petit passage entre les batiments qui conduit sur le bord du chemin de fer désaffecté. Une mise en bouche peut alors commencer par un petit single longeant le vestige ferroviaire. Plat un bon moment, la sente oblique droite puis gauche pour grimper sous les arbres en direction de Le Poujol sur Orb. Le sentier débouche sur une piste qui trace vers le bourg. Nous arborons un sourire diamant nous réjouissant de ces prémices de qualité. La rue du village suit toujours la voie ferrée en main gauche, passe devant l'église puis oblique sur la droite en grimpant sec sur une rampe bétonnée. La vue sur le village maintenant dans notre dos et sur les contreforts du Caroux est somptueuse, soulignée par le jeu des couleurs de la végétation. La partie béton atteint un replat et une piste continue en face. Celle ci serpente sous les chataigners, gage d'une ombre raffraichissante, rejoint une piste connue et poursuit sa montée sur la gauche. La piste principale débouche ainsi sur une route goudronnée et affiche un bref instant les marques du GR7.
Pour le moment il nous faut faire abstraction des deux traits symboles de sensations fortes pour avaler un peu de bitume d'abord sur la départementale puis plus haut sur une petite route à droite menant au joli mas de la Carral. Un peu plus haut il est temps de quitter la route pour le seul chemin partant sur la droite. Au croisement suivant le chemin sort du bois et rencontre une grande piste qui conduira sur la gauche à la route goudronéé menant au col de Panse et sa départementale au niveau de la clinique St Vital.
Encore un morceau de goudron sur la droite pour s'approcher de la forêt des Ecrivains Combattants. Une petite route s'enfonce vers cette foret sur la gauche et l'histoire de france se referme sur nous. Il règne dans ce bois une drôle d'atmosphère ! Il est vrai que l'on ne peut s'empecher de penser à nos ancêtres ayant donné leur vie au cours de la grande guerre de 14-18. Au rythme des stèles commémoratives donnant aux allées les noms de ces vaillants combattants nous nous hissons vers le point haut du bois par le goudron. Au centre d'une clairière se dresse la croix de guerre d'où rayonnent des allées rectilignes, il faudrait voir le site d'avion pour en prendre toute la portée.
Nous quittons ce lieu de mémoire en suivant les balises du GR7 qui vont vite quitter le goudron pour un superbe sentier en montée sur lequel j'appelle le 34 à l'aide. Ce raidard bonnard débouche au belvédère sur le massif de l'Espinouse paré de la robe violette que lui offre la bruyère en fleur.
Première descente du jour : sur la piste pour commencer puis plus bas sur le GR dévalant par la gauche la Grave. Ce premier run technique offre une première partie sur le bike avec son lot de franchissements puis le chaos s'installe et c'est en portant le vtt que nous touchons le ruisseau de Madale. En passant le petit ponton, je ressens les éclairs de ma tendinite au genou; mais l'attraction diabolique du caroux est plus forte et je pourchasse à pied le mp qui avale le raidillon nous ramenant sur la route. Celle ci conduit sur la droite au col de Madale. Nous prenons la direction de Rosis que nous quittons de suite pour la piste de gauche. Une agréable montée nous transporte à la croix de Douch. De là, la route nous dépose d'abord au Cabaret puis directement à PERPIGNAN de la grave : incroyable !! Un dernier morceau de goudron et voici le panneau de Douch, petit hameau niché entre le plateau du Caroux et les crêtes de l'Espinouse.
La première piste sur la gauche sera notre ascenseur pour le sommet du plateau. Quelques lacets plus haut nous touchons terre et changeons de pays, le Caroux prend des allures d'irlande avec des couleurs mauves, vertes et des petites maisons de pierre. La différence de paysage entre les basses terres et ces hauteurs est frappante !
Nous prenons le chemin de droite contournant la cabane et coupant la sente du GR7 plus loin. Ce GR étroit et accidenté traverse la lande, caresse la Font Salesse et remonte un peu avec quelques franchissements pour déboucher sur un croisement de pistes. Là, nous traçons en face en direction de la Table d'orientation par un bon petit run. Perchée sur une terrasse, voilà la table d'orientation, point de vue étourdissant sur le parc régional du haut languedoc et par grand beau sur l'horizon et le Canigou. De ce mirador naturel nous localisons déjà des futures aventures.
Mais pour l'heure nous reprenons la sente en suivant le balisage jaune nous conduisant le long du plateau au refuge de font salesse. De là le sentier trace vers le nord et pénètre dans un bois de hêtres majestueux. Des zigs des zags , un torrent et revoilà le croisement de la font salesse. Nous reprenons une portion du GR7 sur la droite jusqu'au croisement de piste. Cette fois nous optons pour le GR7 obliquant à gauche en direction de la Fage.
Superbe sentier : hyper propre et hyper rapide, on met les gaz, un délice ! Une mer de fougères traversée et voilà les pontons enjambant les tourbières à Drocéra. Moment unique et incontournable ! Encore un petit run top pour regagner le chemin plus haut. Celui ci supporte toujours le GR et tel une piste d'avion se lance vers le bord oriental du plateau. Au bout nous prenons notre envol sur le single technique. Mp ouvre le feu et je lui emboite le disque. Accidenté, farci de grosses marches et longé ici et là par une toute petite trace salvatrice le single déboule toujours plus pentu. Mais une fois un beau cairn important passé, la pente coupe les courbes de niveau et le sentier devient impraticable : ce sera un portage d'une bonne dizaine de minutes puis un soupçon de run sous bois pour arriver à la Fage. Le Caroux est un monde minéral !
Petite remontée goudron sur la gauche, puis le GR7 emprunte la grande piste sur la droite. Les balises quittent discrètement la piste pour un single sur la gauche. Celui ci monte timidement sur un sol sablonneux puis au point haut fracasse en un schuss endiablé. Mp et moi lachons tout se jouant de ce sol piégeux et poussant les spads à la limite de l'adhérence. Un gros moment dans ce coin de la grave...
Revoilà la route de Madale qui remonte vers le col homonyme. Avant celui ci une piste grimpe sur la droite et nous permet de regagner par le chemin de tout à l'heure la montagne du conil. Là nous reprenons en sens inverse le single du GR7. J'ouvre le bal et donne tout pour ne pas que le mp me reprenne. Ma marzo prend le compte, ne bronche pas et couine quand elle rencontre le gourdron. Nous nous retrouvons à nouveau à la croix de guerre. L'allée partant plein sud porte les couleurs du GR à suivre.
Nous allons descendre le GR7 jusqu'au bout ! Un peu de piste rapide, un peu de goudron, et un premier tronçon de caviar : du single pavé de grosses dalles avec marches à gogo, jumps....du feu... Voilà Combes, petit village pittoresque : c'est déjà finit ? Que nenni ! Ce n'est que le début ! Le GR dévale le village puis glisse sous les arbres par un run phénoménal trés technique. Le tremblement de terre cessera au passage d'un ruisseau mais le plaisir continuera sur le sentier maintenant tout en grimpe avec son lot de franchissements.
Nous remontons vraiment le temps empruntant l'unique tracé reliant ces hameaux bien avant le goudron... Un petit passage à Torteillan et le GR continue sa grimpette sur un single plus large jusqu'à la route de la croix des Baussels. En face les balises se jettent dans la pente et nous offrent encore un drop d'adrénaline....mais que ce sentier est long !! Sur les chapeaux de roue nous déboulons sur la route pour la quitter au plus vite par la piste. Une ligne droite et le GR opte pour le chemin de gauche. Celui ci porte encore les traces sculptées des charettes (problablement romaines). Sur un petit nuage, saoulés de vitesse, secoués comme dans un shaker nous arrivons dans le bois des thermes. Il ne nous reste plus qu'à glisser vers le coeur de ville par la petite route et regagner le point de départ.
Et bien pour une première dans le massif de l'Espinouse et sur son plateau du caroux c'est un morceau de choix, une bonne tranche de freeride, avec des moments sensationnels, un soupçon d'histoire et des paysages bluffants.
Au fait ! Il LAMALOU le boubi ? Eh bains juste au genoux ! Une Douch et çà ira mieux...c'est pas GRAVE....
Boubi