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En cette belle première journée de février, nous sommes trois pour ce qui est en passe de devenir notre grand classique de début d’année, à savoir la traversée des Albères; mais cette fois dans une version basse, non quelle ne soit de médiocre qualité, on le verra plus loin, mais en usant et en abusant des belles pistes qui parcourent le piémont de la montagne. Les points de départ et d’arrivée restent les mêmes, rallier la belle bleue à Banyuls en partant de Saint Jean Pla de Cort. Il est 8 H 30 alors que nous enfourchons nos montures, nous échauffant gentiment sur le sentier qui longe le Tech jusqu’au Boulou, auquel nous accédons en prenant à gauche après le pont sur la N9. Nous l’empruntons pour franchir le fleuve. Sur la gauche, le pont piéton assure le franchissement de la D618 pour arriver sur le lotissement du Mas d’En Lion. L’ancienne usine d’embouteillage de la source Jeannette est vite atteinte, point de départ de la belle piste qui escalade et contourne le Pic Estelle. La pente ne se laisse pas faire, mais de vigoureux coups de pédale en viennent à bout. Passé le Coll de Della, laissant deux pistes à droite, puis une à gauche, voilà le moment de s’engager sur la suivante à gauche en direction de Montesquieu. Légèrement sablonneuse, tour à tour faiblement ascensionnelle ou en pente, elle chemine agréablement à flanc jusqu’à la Collada d’en Claudi, distillant généreusement, au détour de chaque virage, de superbes panoramas sur la plaine du Roussillon Un peu plus loin, nous la laissons sur la gauche pour un mauvais chemin qui se métamorphose ensuite en un très beau single technique, largement garni de rocs et autres obstacles minéraux pour notre plus grand plaisir. Il fonce jusqu’au Correc de l’Hort; une enjambée nous porte sur l’autre rive pour une petite relance sur le sentier qui prend un peu d’altitude. Puis à nouveau la pente nous reprend, nous jetant à travers bois sur la piste qui mène au ruisseau de Villelongue. La route prend le relais en direction de Montesquieu, dépasse les premières maisons. Là nous prenons la deuxième rue sur la droite qui descend le long d'une villa pour se transformer illico en une piste. Celle ci remonte, tourne, passe une chaine puis remonte encore. Dans le tournant suivant, deux singles partent en face. Nous optons pour celui le plus à droite. Il monte un bref instant pour sortir au grand jour aprés avoir laissé deux sentes sur la gauche. Là le tracé panoramique oblique vers la droite puis à la fourche nous plongeons sur la branche de gauche dans un tobbogan de plaisir qui sillonne entre les chênes. Le single arrive au fond des bois et va pour remonter quand nous prenons une tout petit sentier sur la droite pour un portage. Le vtt sur l'épaule nous passons le ruisseau et remontons le talus sur ce sentier fraichement réouvert par vos serviteurs !!! Au sommet, nous pouvons remonter sur les bikes pour un moment de glisse entre les troncs jusqu'au pied des maisons du Domaine des Albères. Il faut enjamber le ravin pour regagner la route un peu plus haut. Un bout de goudron plus loin et nous voila à Laroque des Albères, prenant la petite chaussée à droite en direction du Pic Néoulous. Puis, ayant posé devant le panneau des Trabucs, nous descendons à gauche le sentier jusqu’à la Rocca, une petite rivière que MP et moi franchissons à gué en sautant de rocher en rocher (j’exagère un peu) alors que notre compère Boubi, jamais en reste quand il s’agit de faire le pitre, nous la joue sécurité optimale chaussettes et ballerines aux mains pour franchir le torrent impétueux les pieds nus et le cuissard remonté jusqu’au mollets……… ce qui lui vaut l’inévitable photo souvenir d’anthologie. Passé ce moment de rigolade, nous grimpons quelsques mètres et le sentier prend l’aspect d’une agréable promenade le long d’un petit canal. Nous prenons quelques minutes pour visiter les sources ferrugineuses situées en contrebas; l’occasion pour MP de nous faire une formidable démonstration de lapening (à découvrir absolument au rayon vidéo), un nouveau sport extrême très économique, nécessitant seulement un guidon conçu à l’aide de n’importe quel objet de forme allongée…….. plus il est large et plus la difficulté est grande notamment dans l’épreuve du slalom spécial en sous bois : attention aux touchettes sur les troncs qui pourraient déstabiliser le descendeur…….. mais notre MP est un pratiquant émérite au pilotage très fin……. Quel brio !!!!!!!! juste le temps de repartir que, MP roulant devant, comme à l’accoutumée, le long du filet d’eau, marque une pause sur le bord et alors que nous passons devant, il semble blessé à la face. L’instant d’incrédulité passé, il faut bien nous rendre à l’évidence ; MP saigne abondamment de la lèvre, victime d’une branche aux piquants très…. agressifs : un joli trou dans la lèvre inférieure. Boubi et moi dégainons nos nécessaires de premiers secours ; l’hémorragie est contenue et une petite suture adhésive permet de raccommoder tant bien que mal notre ami. Moralité : si tu sors rouler sur ton VTT, n’oublie pas de prendre de quoi te soigner, faute de quoi tu risques de voir ta sortie écourtée………. (quelques pansements, un antiseptique et des sutures adhésives sont suffisantes et indispensables). Arrivés à la citerne, nous prenons la piste à droite qui monte vers les Albères. Peu après le mas Bordes, la piste vire vers la gauche pour rejoindre plus loin la grande piste de Laroque. Nous grimpons jusqu'au croisement suivant pour prendre la piste de gauche emmenant à la Maison de Retraite de Sorède. Là le bitume se déroule vers la vallée Heureuse; nous traversons le pont de la Resclosa pour prendre à gauche le chemin derrière la barrière. Au bout de quelques mètres sur la gauche part le sentier en sous bois qui conduit au mas d'en denis puis longe la rivière pour déboucher sur Sorède. Dans le lotissement, prenant deux fois à droite puis une fois à gauche par un petit passage derrière les villas, nous arrivons sur la route menant par la droite à la belle piste du Mas Llinas. Nous le dépassons pour tomber sur une petite route puis une seconde rejoignant la D2 sur la gauche. Quelques tours de roues et la première à droite direction le camping Le Rancho et ses mobil-homes caractéristiques plantés là au milieu d’une pinède. Juste après, sur la gauche, une piste vallonnée s’allonge voluptueusement au milieu des pins pour nous conduire au pied de Notre Dame de Vie. Déjà 40 kilomètres au compteur et la fatigue, pour ce qui me concerne, commence à se faire sentir alors même que se profile au loin le château de Valmy. Il n’y a plus qu’à se laisser glisser jusqu’à la N114, la longer pour finalement rejoindre le camping les Mimosas à proximité de Valmy. Là débute la longue, très longue voire longuissime et rude piste qui nous transporte allègrement (pour mes deux compères pour qui l’apesanteur n’est qu’une mesquine trouvaille scientifique…….) quelques 300 mètres plus haut jusqu’au carrefour du bassin. Mes séances d’étirement sont de plus en plus fréquentes……… et il reste encore 200 mètres à gravir sur cette piste de plus en plus chaotique à mesure qu’elle s’avance au cœur de la montagne…….. un moment épique matiné de souffrance, sensation exclusivement réservé à l’humain vélocipède. Arrivés à 150 mètres du bout de la piste, nous empruntons alors un sentier sur la gauche. Très défoncé, il rejoint plus bas une piste que nous coupons à deux reprises pour finalement la quitter pour un méchant sentier à vache en bordure de clôture qui, plus loin, me coûtera une « coustella » dans l’abrupte descente sur le hameau du Rimbau. Il est déjà 15 heures et nous sommes surpris du lapin posé par nos donzelles dont les retrouvailles sont prévues avec enfants et victuailles. Après enquête et recherche, le coupable est trouvé avec diligence : un fonctionnaire malicieux des Ponts et Chaussées avait posé à quelques kilomètres du hameau, au lieu dit le Forat d’en Calbo, un panneau qui donnait la direction de Le Rimbau et un autre indiquant que cette même route menait à un cul de sac……….. Vous suivez. Ne voulant en aucun se fourrer dans un attrape-nigaud, les donzelles choisissent de faire ripaille à l’ombre des panneaux…….. C’est donc un débat autour des capacités spatiales du lobe féminin et celles toutes aussi criantes du fonctionnaire à l’humour vache qui anime ce réconfortant rassemblement familial……….. Il est 16 H 00 et même si les jours rallongent, il ne faut plus traîner. Vers la sortie sud du Rimbau, au niveau du mas Pilo, nous prenons sur la gauche une petite voie goudronnée à la pente ardue. Un peu plus loin, le bitume laisse la place à la terre pour une belle montée dans cette petite vallée, tapie au pied de la tour Madeloc, à l’écart de la cohue de la côte. Traversant plus tard la petite rivière Ravaner, quelques coups de reins nous emmènent enfin au terme de notre ultime effort, le col de Vallauria (Baillaury). Suivant la piste sur la gauche, nous atteignons sans mal le col des Gascons. La vue est belle, le regard dévalant les collines jusqu’à Banyuls blottie contre son anse bleue. Plus loin l’horizon se confond avec la mer…… rêveries de grand large. Au bout de quelques centaines de mètres, nous laissons la D86 dans un virage en épingle. Un somptueux sentier (balise jaune) nous attire sur l’arête sommitale menant à Notre Dame de la Salette; agile et espiègle, faisant monter le taux d’adrénaline sans jamais dépasser la dose admissible, pour nous déposer les yeux humides, émerveillés, devant la chapelle, immaculée de blanc, au style profondément méditerranéen, dans un ciel bleu azur, surplombant la magnifique baie de banyuls……… ouf, pour un final, c’est un final fa-bu-leux à ne manquer sous aucun prétexte pour clôturer la traversée des Albères. Quelques minutes pour aspirer lumières et couleurs et quelques sauts de puce plus loin, nous voilà au bord de la Grand Bleue. Fin de séquence…….. à 17 H 30 ; 63 kilomètres et 1750 mètres de cumulé positif…….. une belle journée ; une de plus passée le nez sur le guidon et la tête dans les nuages. pasta |